Pourquoi les minières aurifères seront les meilleures actions des années à venir

Pourquoi les minières aurifères sont de retour

Sur le site de Tendance.com, j’avais émis un article que les minières aurifères pourraient retrouver des couleurs. Cela avait bien commencé dès le début de l’année 2015 avant que les manipulateurs reprennent le contrôle du cours de l’once d’or à la baisse naviguant vers ses plus-bas historiques de 2009-2010 afin de décourager les investisseurs de s’intéresser au secteur et les inciter à prendre des risques inconsidérés sur le marché actions malgré de belles histoires d’entreprises.

Dans le cadre de l’événement inter-blog « Les Actions les plus HOT de l’été » organisé par Ben du blog Bourse Ensemble, je vais vous expliquer pourquoi les minières aurifères sortiront tôt ou tard de l’hibernation.

L’incohérence du cours de l’or par rapport à l’offre/demande mondiale

Evolution demande production mondiale or

Les mainstream (médias, économistes, professionnels de la finance) nous martèlent que la demande mondiale d’or baisse à cause du manque d’appétit de la Chine tandis que la production surfe sur une tendance haussière. Toutefois, en confrontant personnellement les chiffres officiels dans le détail, la première reste excédentaire si on enlève le recyclage qui ne respecte pas les différentes étapes du cycle de production et les produits dérivés ne reflétant pas la valeur réelle du métal jaune.

L’or existe très faiblement dans la croûte terrestre. Les nouveaux gisements se font rares. Produire de l’or de bonne qualité est devenu compliqué. Avec une demande physique en hausse, cela milite pour une hausse du prix de l’once d’or. Dans un premier temps, les cours des minières aurifères s’apprécieront. Ensuite, elles seront elles-même confronté à leur propre baisse de production.

Comme le secteur aurifère reste fragmenté, les majors comme Goldcorp, Agnico Eagle ou Newmont Mining pourraient la compenser par des acquisitions judicieuses sur des petites pépites. L’idéal est que cela se fasse en milieu de cycle. Pour l’instant, le bas de cycle sur ce secteur d’activité est pratiquement purgé.

Le cours de l’once d’or ne reflète pas la valeur réelle de l’or

Le cours de l’once dont les mainstream vous parlent, est celui qui est lié aux contrats Futures à travers les différents marchés mondiaux. Le plus populaire est celui du COMEX (fusion entre le Commodity Exchange et le New York Mercantile Exchange), géré par le groupe CME Group avec un stock d’or physique soi-disant existant.

Afin que le prix de l’or du COMEX reflète normalement sa valeur réelle, le vendeur de Futures livre l’or physique alors que l’acheteur prend et reçoit sa livraison. Sauf que ça ne se passe pas comme ça.

En effet, qui dit Futures rime avec effet de levier. Du coup, il y a de fortes chances que des gros acteurs peuvent inonder le marché de l’or via du trading sur marge en créant des paniques acheteuses ou vendeuses. Ce qui influence évidemment son cours. En faisant preuve de bon sens, fournir de grandes quantités d’or physique sur un marché est impossible du fait qu’il est de plus en plus difficile d’en extraire.

Par ailleurs, reporter la livraison d’un contrat Futures au mois suivant coûte de l’argent et on voit mal la majorité des traders garder leurs positions dont leur but est de faire du profit à court terme.

D’après la GATA (Gold Anti-Trust Action Committee), le rapport or papier/or physique serait de l’ordre de 100 ou plus, c’est-à-dire 100 papiers pour une once d’or physique. Cela risque d’être tendu pour les bullions banks dans le cas où des grosses mains demandent subitement la livraison physique.

Des Hedge Funds en position short

Les hedge Funds sont short sur l'or

D’après la courbe ci-dessus, nous constatons que les Hedge Funds ont des positions «short» (vendeuse) sur l’or. Historiquement, cela présage que le retournement de tendance est proche. Pour en savoir plus, je vous invite à lire cet article sur le site de Zero Hedge.

Un consensus hyper baissier

Sondage Kitco sur l'or
Source ©Kitco

D’après un sondage réalisé par Kitco début août 2015, Main Street qui représente la masse et Wall Street ont clairement un biais baissier sur la relique barbare. Lors des deux dernières semaines du mois de juillet 2015, Main Street avait un sentiment pessimiste de l’ordre de 68 et 75 %. De plus, certains spécialistes des marchés financiers ont prédit que l’or est un short en ligne droite. Enfin, ceux qui sont neutres, suivent généralement le consensus majoritaire par peur de ne pas se tromper.

Dans les années à venir, il serait intéressant d’analyser le sentiment de la communauté financière (Wall Street) sur l’or. Les choses pourraient changer avec la politique monétaire de la FED. Une hausse des taux ne signifie pas une baisse automatique du cours de l’or. Les actions aurifères pourraient mieux s’en sortir à l’encontre des idées reçues.

La dernière fois que la FED a entamé un cycle de hausse de taux. C’était entre juin 2004 et juin 2006. Résultat, l’or s’est envolé. Idem pour le pétrole.

La baisse du prix du pétrole est une bouffée d’oxygène

Le secteur des minières aurifères est une activité hautement capitalistique. Pour extraire de l’or, il faut des équipements très consommateurs d’énergie tels que les pelleteuses, les tombereaux ou encore les tapis roulants. En fin de compte, la baisse du prix du pétrole est très salutaire. De plus, les devises des producteurs aurifères se déprécient face au dollar américain. Malheureusement, le consensus ne les prend pas en compte du fait de leur obsession sur l’évolution du cours de l’or.

Un nouveau cap stratégique des minières aurifères qui s’impose

En faisant des acquisitions tous azimuts liées à la flambée euphorique du cours de l’or entre 2006 et 2011 dans le but de faire la course aux réserves d’or, les minières aurifères ont payé les pots cassés sans réellement tirer les conséquences au niveau structurel et financier lors du krach mémorable en 2013.

Suite à ce cataclysme, elles étaient contraintes de faire des économies d’échelle : suppressions d’emplois, cessions d’actifs non rentables et stratégiques, fermeture des mines, reports de projets. Pour enfoncer le clou, des gros coups de balai ont eu lieu dans le management des entreprises du secteur.

Afin de rassurer leurs actionnaires, les minières aurifères ont eu le culot de publier des coûts de production en dessous du prix de l’once d’or en faisant référence au « All-In Substainable Cash Costs » (Coûts de production tous inclus) fixé par le cartel du WGC (World Gold Council). Toutefois, ce critère n’est pas fiable à 100 %. D’une part, il n’est pas vérifié et surtout pas reconnu auprès d’un conseil indépendant qui veille à respecter les normes comptables à travers le monde. D’autre part, elles peuvent modifier sa méthode de calcul à leur guise.

Enfin, avec toutes les mesures entreprises durant ce cycle baissier, les minières aurifères ont opté pour la sagesse et la maigreur en privilégiant la rentabilité opérationnelle avec un portefeuille de mines d’or de bonne qualité et le retour à l’actionnaire.

Les minières aurifères très boudées en Bourse

S’il y a bien un secteur qui n’est pas en bulle, c’est bien les minières aurifères avec des cours de Bourse massacrés pour les raisons citées ci-dessus. À titre personnel, j’avoue que mon timing d’investissement sur ses entreprises n’était pas top malgré mon travail d’investisseur de convictions. Cependant, je me porte bien grâce à la diversification de mon patrimoine.

Enfin, le ratio Gold/XAU (XAU : indice composé de 30 grandes capitalisations boursières du secteur aurifère) montre également que les cours des minières aurifères sont sous-évalués.

Evolution Gold XAU

Interprétation technique :

Si le ratio est supérieur à sa moyenne historique qui se situe aux alentours de 7 alors les minières aurifères sont sous-valorisées. Ce qui constituerait une opportunité d’achat à bon compte.

Voici la liste des autres articles participant à cet événement inter-blog :

NB : Les informations, opinions et graphiques sont le reflet de mes convictions et utilisés à vocation pédagogique. La précision des informations apportée n’est pas garantie à 100 %. Tout lecteur doit faire sa propre opinion en faisant des recherches complémentaires afin de déterminer quelles sont les meilleures opportunités d’investissement à son profit. Vous assumez la responsabilité de toute décision prise suite à la lecture de l’article. Investir En Actions (dont le fondateur) se désengage de toute responsabilité sur vos actions et vos décisions.

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