Faut-il investir sur l’action Apple en 2021 et plus ?

Apple est devenu une action incontournable dans un fond de portefeuille. Des avantages compétitifs durables, une stabilité financière, une croissance régulière des bénéfices et du cash flow sont des atouts qu’apprécient les investisseurs. Cerise sur le gâteau, il est le seul membre des GAFA à distribuer un dividende qui pourrait être plus généreux à l’avenir.

Apple a eu la prouesse de rendre un objet obsolète en un objet révolutionnaire. En effet, la marque à la pomme a redonné un second souffle dans le monde de la téléphonie en lançant son téléphone mobile multifonctions, l’iPhone. À chaque nouvelle version, Apple a su renouveler en gardant un temps d’avance en matière d’innovation. L’iPhone s’est naturellement imposé comme l’un des meilleurs smartphones les plus vendus au monde. Par ailleurs, on oublie de vous dire que Apple a été le premier à réinventer l’ordinateur personnel avec le lancement de la gamme Mac.

À l’heure où on se posait la question de la dépendance de ses ventes d’iPhone ou la perte regrettable de son fondateur Steve Jobs, Apple a su faire taire les personnes les plus sceptiques en proposant une diversité de produits (iPad, Macbook, Apple Watch, AirPods, Beats, etc.) et améliorer la récurrence de son business model à travers les services. Le Covid-19 a aussi prouvé sa solidité financière en temps de crise.

Tant au niveau business que financier, les fondamentaux intrinsèques de l’entreprise Apple sont solides. Tout porte à croire qu’il faut être bullish. La performance de moyen-long terme de son cours de Bourse est impressionnant et donne envie d’y investir. Toutefois, il serait souhaitable de checker toutes ses informations avant de prendre une décision d’investissement. C’est ce que nous allons voir à travers une analyse fondamentale et technique de l’action Apple sans oublier ses relais de croissance et les risques-opportunités.

Histoire de l’entreprise Apple : Quasi-faillite à la plus grande capitalisation boursière mondiale

Fondé le 1er avril 2016 dans un garage de la maison de Steve Jobs à Los Altos en Californie, Apple est une entreprise américaine qui conçoit et commercialise des produits et services électroniques dans le domaine de la téléphonie mobile, de l’électronique grand public et du contenu numérique.

Bien que Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne sont les trois cofondateurs de la marque à la pomme, l’histoire d’Apple est grande partie liée au premier. Pourquoi ?

Parce qu’il a été évincé de l’entreprise en 1985 par le conseil d’administration suite à un désaccord avec le directeur général de l’époque John Sculley à propos de l’échec commercial de l’ordinateur Macintosh Office.

Parce qu’il est revenu pour sauver l’entreprise qui surfait sur une spirale d’échec depuis plus de dix ans au point d’être en situation de quasi-faillite. Dans le même temps, il remet au goût du jour ses propres idées en lançant des produits avec une capacité à rendre la technologie simple et accessible pour le consommateur. Mieux encore, Steve Jobs apporte une dose de créativité aux choses ringardes à l’image de la téléphonie. D’où la sortie de l’iPhone devenu le produit phare d’Apple, qui a redonné un second souffle au téléphone.

Parce que c’est l’un des grand marketer de l’histoire. Il a battu en brèche la complexité des produits technologiques avec pour but de les rendre simple et pratique. Sa principale prouesse est d’allier simplicité et luxe pour convaincre les consommateurs à payer plus cher ses produits.

La renaissance d’Apple

La première étape de la renaissance d’Apple démarre par la réussite commerciale de l’ordinateur iMac. L’entreprise américaine renoue progressivement avec les bénéfices au cours de l’année 1998 et entrevoit de nouvelles perspectives de croissance. Ayant une meilleure marge de manœuvre au niveau financier, Apple procède à des petites acquisitions dans le software pour donner de la valeur ajoutée à ses futurs produits tels que Final Cut pour les montages vidéos et Emagic dans la musique assistée. Dans la même occasion, Apple lance deux logiciels iMovie et GarageBand.

Au cours de son succès commercial de l’iMac, Apple lance son propre magasin physique Apple Store et enlève tous ses produits mises en vente chez les détaillants Best Buy et Sears. Cette décision stratégique a pour but de mieux faire connaître ses produits au grand public en apportant une authenticité unique.

En acquérant NeXT en décembre 1996, Apple va utiliser son système d’exploitation pour en faire comme base initiale de Mac OS X. Ce dernier à travers différentes versions (Hera, Kodiak, Cheetah, Puma, Jaguar, Panther, Leopard, Snow Leopard, Lion, Moutain Lion, Mavericks, Yosemite, El Capitain, Sierra, High Sierra, Mojave, Catalina, Big Sur) fait partie intégrante des gammes d’ordinateurs iMac et Macbook.

Au début des années 2000, Apple intègre dans ses iMac son système d’exploitation Mac OS X. En 2001, Apple innove le monde de la musique en lançant son baladeur numérique l’iPod. En 2006, Apple intègre les processeurs Intel dans l’iMac et le Macbook qui rendent si possible l’installation de Mac OS X sur Windows.

Le 9 janvier 2007 sera une date clé de la confirmation de la renaissance d’Apple. Elle coïncide à la présentation de l’iPhone par Steve Jobs. Si l’iPhone est devenu l’un des smartphones de référence, il y a quatre raisons qui sortent du lot : un marketing bien pensé autour de l’expérience client, l’aspect immatériel avec son logiciel IOS qui propose plusieurs fonctionnalités et un large catalogue de produits, son authenticité et son savoir-faire à jouir le luxe et le côté pratique. Pour anecdote, l’iPhone est une inspiration des fonctionnalités de l’iPod et de l’assistant personnel numérique l’Apple Newton.

iPad, Apple Watch, Apple TV+, Beats Electronics : Une gamme de produits de haut gamme en complément de l’iPhone

En janvier 2010, Apple annonce le lancement de sa tablette tactile l’iPad, un mixte entre un smartphone et un ordinateur portable. Tout comme l’iPhone, l’iPad disposera du logiciel iOS.

En janvier 2011, Steve Jobs se met en retrait de ses fonctions de CEO et laisse la place à son adjoint Tim Cook pour des problèmes de santé. La nuit de 5 octobre 2011, Steve Jobs décède suite à un cancer du pancréas.

En août 2012, Apple et Samsung s’affrontent en justice suite à des infractions sur des droits de propriétés intellectuelles. Cela aboutira à une condamnation de la firme sud-coréenne à une amende d’environ 1 milliards de dollars.

En mai 2014 pour compléter sa gamme de produits, Apple rachète la marque américaine Beats Electronics spécialisée dans les casques audio, les écouteurs et les hauts-parleurs de haut gamme.

Le 24 avril 2015, Apple sort de son chapeau sa montre connectée l’Apple Watch. Les différentes fonctionnalités offertes sur la première série sont respectivement l’écriture d’e-mail, la consultation de message, le GPS, et la fréquence cardiaque. Sur certaines gammes d’Apple Watch, Apple travaille en collaboration avec le sellier Hermès sur les bracelets. Ce qui dénote à nouveau son savoir-faire à jouir le luxe et le côté pratique.

En novembre 2019 pour diversifier son offre de contenus numériques, Apple lance son service de streaming Apple TV+ qui contient uniquement des séries et films made in Apple. Le développement du catalogie Apple TV+ se fait progressivement avec la signature de contrats de long terme avec plusieurs maisons de production. Selon les derniers chiffres de HarrisX et MoffettNathanson, Apple TV+ a dû mal à se faire une place face à Netflix, Prime Video d’Amazon, Hulu et Disney Plus.

Enfin, la dernière nouvelle en date va marquer un tournant majeur dans le monde informatique. D’ici 2022, Apple va intégrer dans ses ordinateurs, des puces M1 de l’entreprise britannique ARM à la place des processeurs d’Intel qui était client de la marque à la pomme depuis 2006. Ses performances sont largement supérieures à ceux des iCore d’Intel. De plus, les puces M1 offrent une meilleure efficacité énergétique pour prolonger la durée de vie de la batterie.

Business d’Apple : Un mixte authentique entre produits et services

Apple s’appuie sur un business mode avec une mixité entre produits et services. Du côté des produits, l’entreprise américaine conçoit, fabrique et commercialise des smartphones, des tablettes, des ordinateurs, des accessoires audio et TV, et des montres connectées. Parmi eux, vous retrouvez des marques telles que :

  • iPhone pour les smartphones. En 2020, Apple commercialise l’iPhone 12, 12 Pro, 12 Pro max et 12 mini qui sont compatibles à la 5G.
  • iPad pour les tablettes
  • Apple Watch pour les montres connectés
  • Macbook Air, Macbook Pro, iMac, iMac Pro pour les ordinateurs
  • Air Pods, Beats, iPod Touch, HomePod pour les accessoires audio
  • Apple TV pour les accessoires TV
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La diversification de ses activités vers les services a pour but de réduire la dépendance de l’iPhone et améliorer la récurrence de ses revenus. Pour cela, Apple propose du contenu digital via Apple Music, Apple TV+, Apple Store et Apple Arcade, du service de cloud computing, de service de paiement en ligne via Apple Pay ou encore une assistance technique via Apple Care.

Les ventes d’iPhone représentent environ 50 % de ses revenus. Les gammes Mac et iPad complètent respectivement le podium à hauteur de 10,5 et 8,5 % de ses revenus. Apple Watch et les accessoires audio et TV comptent pour 11 % de ses revenus. Quant aux services, c’est l’activité qui connait une croissance rapide depuis quelques années. Sa part dans les revenus d’Apple qui tourne actuellement à 20 %, a de fortes chances de progresser dans les années futures.

Au niveau géographique, les Amériques sont les premiers contributeurs de ses revenus à hauteur 45 %. En Asie, Apple a scindé ses revenus en trois zones distinctes : la Chine, le Japon et le reste de l’Asie Pacifique. Si on additionne leurs parts respectifs, l’Asie représente 29,5 %. Quant à l’Europe, elle compte pour 25,5 % des revenus.

Qui sont les concurrents d’Apple ?

Bien que Apple fait partie des leaders mondiaux dans la majorité de ses segments d’activité, la concurrence est relativement élevée. Dans son secteur, la rapidité des évolutions technologiques peut amener la marque à la pomme à revoir sa politique stratégique afin de ne pas compromettre ses avantages compétitifs durables.

Parmi les principaux concurrents, il y a :

Samsung Electronics

Huawei

Xiaomi

L'entreprise sud-coréenne Samsung domine le marché des appareils mobile au niveau mondial depuis 2011 grâce la gamme de produits Galaxy S, Galaxy A et Galaxy Note. Elle est aussi le leader dans la fabricants des écrans d'ordinateurs, téléviseurs et téléphones mobiles.

L'entreprise chinoise Huawei est le numéro mondial des smartphones derrière Samsung. Malgré la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, elle domine le marché de la 5G devant Ericsson et Nokia.

Xiaomi est l'entreprise chinoise qui se rapproche le plus du business model d'Apple en termes de gammes de produits. Il possède également ses propres magasins physiques.

Alphabet

Netflix

Spotify

AT&T

Amazon

Alphabet qui a vu le jour suite au recentrage de Google vers les activités de moteur de recherche et de services Web. L'entreprise américaine est un concurrent de taille pour Apple avec son système d'exploitation Android dans les appareils mobiles et Youtube dans le streaming.

Netflix est le leader mondial du streaming. L'entreprise américaines dispose d'un catalogue de films et série originaux à tel point qu'elle disrupte le business des médias.

Spotify est ce qui se fait de mieux dans le streaming musical. L'entreprise suèdoise est le leader du mondial de ce marché si concurrentiel. Spotify dispose de 70 millions d'abonnés payants et 160 millions d'utilisateurs. Apple Music possède 60 millions d'abonnés payants.

AT&T est plus connu comme le plus opérateur télécom dans le monde. L'entreprise américaine possède une division streaming dans Warner Media.

Amazon s'aligne sur l'ensemble des segments d'activité d'Apple. Le géant de l'e-commerce propose des services et produits tels que Amazon Prime Video, Amazon Music, Amazon Pay, Amazon Echo, Kindle, etc.

Et aussi :

  • Honor, Sony, HTC, ZTE, Wiko, Acer, Microsoft, HP, Asus, Lenovo, etc

Actionnaires d’Apple

Parmi les principaux actionnaires majoritaires d’Apple, il y a en seconde position, Berkshire Hathaway de Warren Buffett qui détient 5,55 % du capital dont c’est la plus grosse pondération de son portefeuille.

Vanguard Group domine l’actionnariat de l’entreprise pour 7,09 % des parts. Viennent ensuite ses concurrents de la gestion d’actifs comme State Street Global Advisors Funds Management, Capital Research & Management, Fidelity Management & Research, Geode Capital Management, T. Rowe Price Associates ou encore Northern Trust Investments.

On notera aussi la présence d’un groupe d’universités soutenue par l’État de Californie, Regents of the University of California et la Banque nationale suisse (BNS) qui possède près de 8,6 milliards de dollars au 31 décembre 2020.

Analyse fondamentale d’Apple

Apple dispose d’un portefeuille de marques disposant d’un fort network effect. L’iPhone en est la plus belle illustration lors de ses premières versions qui ont réinventé le téléphone en un objet à multifonction au point que ses concurrents l’imitent. Son succès planétaire lui a permis de bâtir une communauté de fans fidèles et le lancement de nouveaux produits tels que l’iPad et l’Apple Watch.

Ce qui est appréciable chez la marque à la pomme, c’est sa persévérance à entreprendre et sa capacité à apprendre de ses échecs. Si vous avez la mémoire courte, Apple avait lancé des produits qui se sont soldés par des fiascos commerciaux comme :

  • Apple III (Ordinateur)
  • Apple Lisa (Ordinateur)
  • Apple Newton (Assistant personnel numérique)
  • Macintosh Portable (Mini-ordinateur)
  • Macintosh TV (Ordinateur Télévision)
  • eWorld (Portail web)
  • Apple Quick Camera (Appareil photo)
  • Apple Pippin (Console de jeux)
  • iTunes Ping (Réseau social)
  • U2 iPod (Lecteur MP3)
  • iWork (Logiciel pour concurrencer Microsft Office)

Malgré l’accumulation de ses nombreux échecs au cours de la décennie 1980-1990, Apple s’en servi comme laboratoire d’idées pour lancer des produits à succès. Le retour de son fondateur Steve Jobs y est pour quelque chose. En reprenant les reines de son joyau, il a mis la main à la patte en annonçant un partenariat de cinq ans avec Microsoft. L’entreprise de Bill Gates va développer des logiciels pour le système Mac Os dont Internet Explorer sera son navigateur web par défaut. Ce qui a acté le début de la renaissance de la marque à la pomme.

Marge et rentabilité d’Apple

Pour une action de croissance comme Apple, les investisseurs s’attendent à une marge et une rentabilité financière élevée de sorte que cela les incite à y investir ou renforcer leurs positions. Commençons par les marges.

Source Morningstar

2016

2017

2018

2019

2020

Marge opérationelle

27,84 %

26,76 %

26,69 %

24,57 %

24,15 %

Marge nette

21,19 %

21,09 %

22,41 %

21,24

20,91 %

BPA en $

2,08

2,3

2,98

2,97

3,28

Sur la période 2016-2020, la moyenne de la marge opérationnelle s’élève à 26,21 % tandis que celle la marge nette est de 21,5 %. Lorsqu’on regarde leur évolution, la tendance est relativement flatte. Cela n’empêche pas de voir une croissance de son BPA (Bénéfice par action).

Passons à présent à la rentabilité. La majorité des investisseurs se focalisent sur le ROE (Rentabilité des Capitaux Propres). Cependant, un ROE élevé peut éventuellement masquer l’effet de levier de l’entreprise. Pour savoir si l’entreprise est rentable, soyez focus sur le ROA (Rentabilité des actifs), car il permet d’évaluer la capacité de l’entreprise à tirer le meilleur de ses propres actifs sans avoir besoin de financement supplémentaire. Sur la période 2016-2020, la ROA est de 15,92 %. Ce qui est nettement supérieur à la moyenne du secteur technologique et du S&P 500 à 2,5-3%.

Malgré le Covid-19 qui a entraîné la fermeture de ses magasins, Apple a quant même réussi tirer son épingle du jeu. Curieusement, ce sont les autres produits qui ont compensé la chute des ventes d’iPhone. On peut en partie l’attribuer à la généralisation du télétravail. Il n’est pas étonnant que les ventes Mac et l’iPad ont bien performé en 2020.

En 2021, Apple aura probablement rétabli la situation sur ses ventes d’iPhone grâce aux nouvelles versions compatibles à la 5G. Ce scénario de base est conditionné au bon fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement. Depuis quelques mois, une pénurie de semi-conducteurs subsistent suite à la forte demande industrielle.

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Dette et cash flow d’Apple

Bien que la dette s’élève à 112 Md$ contre des capitaux propres à 90,94 Md$, Apple reste une entreprise solide financièrement. Sa endettement est soutenable. Tout d’abord, le ratio dette / EBITDA est de 1,39. Ce qui est nettement du seuil dangereux de 5. Ensuite, le ratio dette / free cash flow est de 1,53. La cerise sur le gâteau est qu’Apple n’a aucune difficulté à rembourser ses intérêts avec un taux de couverture relativement bas.

Par ailleurs, Apple ne cesse d’être pérenne en parvenant à maintenir un niveau de cash flow opérationnel élevé.

Source Morningstar

2016

2017

2018

2019

2020

Cash flow opérationnel en M$


65 824

63 598

77 434

63 391

80 674

Du coup, la firme de Cupertino a les moyens financiers pour investir dans de nouveaux relais de croissance et avoir un temps d’avance sur les concurrents en matière d’innovation. Si Apple était plus généreux avec ses actionnaires, l’entreprise américaine pourrait distribuer un dividende plus élevé qu’à l’accoutumé.

Dividende et rendement d’Apple

Le dividende de l’action Apple est en croissance chaque année depuis 2012. De plus, il est pérenne à long terme en raison de la solidité de son bilan financier. Les chiffres le prouvent. Son payout ratio est de 23,7 %. Ses ratios dette / EBITDA et dette / free cash flow ne suscitent pas d’inquiétude dans un futur proche.

En contrepartie d’une action de croissance comme Apple, le rendement est très faible avec une moyenne de 1,44 % sur 5 ans. Si l’inflation monte progressivement autour de 2 à 4 %, nous verrons par la suite que l’action Apple pourrait pâtir d’une rotation sectorielle en faveur des secteurs value et cycliques.

Source Morningstar

2016

2017

2018

2019

2020

Dividende par action en $

0,56

0,62

0,71

0,76

0,81

Payout ratio

26,2 %

26,1 %

22,8 %

25,2 %

24,2 %

Vous remarquerez que la crise du Covid-19 a certes impacté négativement ses ventes, mais cela ne lui a pas empêché de relever le dividende à la hausse et racheter des actions. De ce fait, Apple démontre que c’est une entreprise résiliente en temps de crise. Les dirigeants actuellement en place, affichent leur confiance dans l’avenir d’Apple peu importe les circonstances.

Une valorisation excessive

Il y a un temps. C’était l’action la plus bon marché du secteur technologique. Depuis sa forte remontée au cours de l’année 2020, acheter l’action Apple au prix actuel devient très cher. D’après le site Morningstar au 28 janvier 2021, la fair value représentant la valeur intrinsèque, est de 98 $ alors que le cours de Bourse est largement au-dessus de ce point d’équilibre.

Du côté des ratios de valorisation, ils sont excessivement élevés par rapport leur moyenne de 5 ans. Estimer Apple plus de 7 fois ses ventes pour une action de croissance, ça devient un signal précurseur de vente si les attentes de marché sont en-dessous du consensus. Le PE (ratio cours sur bénéfices) se situe à 32,73 à la date du 05 mars 2021. Vous constatez ci-dessous que le PE n’a cessé de grimper entre 2015 et 2020. La baisse du PE en 2021 n’est pas suffisante pour considérer que Apple soit bon marché.

PE d’Apple (Source Morningstar) :

  • 2015 : 11,42
  • 2016 : 13,94
  • 2017 : 18,37
  • 2018 : 13,24
  • 2019 : 24,7
  • 2020 : 40,45
  • 2021 : 32,73 au 05 mars 2021

Même si ses relais de croissance sont indéniables, sa valorisation reste relativement chère voir excessive. La moindre déception peut entraîner une chute importante de l’action Apple sans forcément remettre en cause ses fondamentaux intrinsèques.

Analyse technique d’Apple


Historique du cours de Bourse d’Apple

L’évolution du cours de l’action d’Apple que ce soit depuis 5, 10 ou 20 ans a de quoi donner des envies aux investisseurs. La marque à la pomme est sans conteste une valeur de fond de portefeuille même si les performances passées ne présagent pas des performances futures. Avec un mixte de croissance et un dividende à la clé, c’est l’action idéale pour tout débutant en Bourse. Le seul regret est que l’action Apple n’est pas éligible au PEA.

Cela étant dit, les premières années de cotation de l’action Apple au Nasdaq ont des allures de montagnes russes jusqu’à la fin des années 1990. L’entreprise américaine a subi de plein fouet l’éclatement de la bulle des Dotcom après une performance de 1118 % entre décembre 1997 et mars 2000.

En avril 2003, l’action Apple rebondi sur le support de 0,25 € pour se diriger vers son pic de la bulle des Dotcom puis le casser à la hausse en février 2005. La hausse du titre se poursuit jusqu’en décembre 2007. Un double top autour des 7 € a validé un retournement de tendance à la baisse vers les 3 € au premier trimestre de 2009. La perte en Bourse de l’action Apple de l’ordre de 57 % était la conséquence de la crise des subprimes.

Depuis le point bas du premier trimestre 2009, le graphique de l’action Apple s’est installé sur un tendance haussière de long terme. Malgré des baisses importantes de septembre 2012-décemebre 2013, mai 2015-mai 2016, octobre 2018-janvier 2019 et de mars 2020, de nouveaux records historiques en Bourse ont été régulièrement réalisés.

Ce qu’il faut aussi retenir de l’historique de cotation d’Apple sur 10, 20 ans et plus, c’est qu’il a fait l’objet de plusieurs split, c’est-à-dire une division du nombre d’actions dans le but de le rendre plus liquide et accessible.

Analyse graphique d’Apple en unités journalières

Analyse technique en unités journalières au 5 mars 2021 – Source TradingView

En unités journalières, le prix de l’action Apple (AAPL) était toujours dans une tendance haussière et remonte automatiquement à chaque fois dès qu’on teste la ligne de tendance en noir vers les 134,1$ qui joue le rôle d’un support. Malheureusement, depuis mi-février, le titre l’a cassé à la baisse en plus de la moyenne mobile à 50 jours. Apple se dirige tout droit vers la moyenne mobile à 200 jours.

Le MACD (en bleu) qui illustre la dynamique des prix, est clairement à la baisse. Il croise à la baisse le signal (en rouge) et se situe en-dessous de la ligne neutre ou zéro.

Ainsi, le prochain objectif dans les jours à venir serait autour de 108-109 $.

Analyse graphique d’Apple en unités hebdomadaires

Analyse technique en unités hebdomadaires au 5 mars 2021 – Source TradingView

En unités hebdomadaires, les choses sont plus claires. L’action Apple montre des signes de faiblesse après avoir touché un plus haut vers 145$. Les investisseurs ont opté pour une prise de bénéfices après avoir touché 145$.

La tendance haussière depuis le point bas de mars 2020 s’est fragilisée en référence à l’analyse technique en unités journalières. Ce qui signifie que l’action Apple est sur un top de marché. Une correction pourrait survenir dans les semaines qui viennent sauf cassure des 145 $. Le croisement à la baisse entre le MACD (en bleu) et le signal (en rouge) pourrait inciter à une consolidation plus importante.

Pour le moment, l’action Apple oscille dans un canal haussier. Si elle le casse par le bas, les prochains objectifs seraient respectivement 108-109 $, 99 $ puis 89 $.

Analyse graphique d’Apple en unités mensuelles

Analyse technique en unités mensuelles au 5 mars 2021 – Source TradingView

En unités mensuelles, nous voyons des prémices d’un double top entre 120 et 137 $. Si le support de 120 $ venait à casser à la baisse, l’action Apple subirait une correction vers les 108-109 $. En cas d’une nouvelle dégradation technique, elle pourrait revenir vers la ligne de tendance haussière datant de janvier 2019.

Il faudra donc surveiller l’évolution à la hausse des taux obligataires américains qui ne favorisent pas les actions de croissance qui sont survalorisées comme Apple. En effet, une hausse des taux obligataires a conséquence une hausse de la prime de risque actions, et donc un impact négatif sur les valorisations d’actions.

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Split d’Apple

Lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre 2020, Apple a annoncé un split de 4 pour 1 de son cours de Bourse à la clôture du 24 août 2020. L’opération prend effet dès le 31 août 2020. À partir de cette date, Apple verra son cours de Bourse diviser par 4. Si vous détenez 10 titres, vous en aurez 4 fois plus donc 40 titres.

Split cours action Apple
Conséquence du dernier split sur l’action Apple (Cliquez sur l’image pour agrandir)

Au moment de l’annonce du split, l’action Apple a explosé à la hausse avec un énorme gap le 31 juillet 2020 accompagné d’un énorme volume d’échange pour réaliser un nouveau plus-haut historique à 425 $ à l’époque. Elle a continué à monter jusqu’à plus de 500 $ avant le split. Deux jours après l’opération, Apple fait de nouveaux plus-historiques mais chute fortement au cours de la séance.

Bien que son split de l’été 2020 a fait un buzz incroyable sur les marchés financiers, Apple n’est pas novice en la matière depuis son entrée en Bourse. La marque à la pomme a eu recours 4 reprises à cette opération avant le dernier.

Risques-Opportunités d’acheter l’action Apple

Si nous regardons les risques, il faudra regarder dans un premier temps sa valorisation élevée par rapport à son chiffre d’affaires, ses bénéfices et sa valeur intrinsèque potentielle. Fort heureusement pour les investisseurs, il y a rien de systémique et les vendeurs à découvert n’en feront pas une cible favorite en raison de la qualité de son business model à long terme.

L’autre risque est la possible réglementation antitrust sur les GAFA. C’était un cheval de bataille de la campagne des élections primaires des Démocrates et la campagne de Joe Biden face à Donald Trump dans une proportion modérée. Selon des sources avisées, Apple est l’un des membres des GAFA le moins épargné. Cependant, vous ne devez pas crier victoire parce que les décideurs politiques ont toujours la capacité à trouver un prétexte pour établir des nouvelles lois.

Le monopole des GAFA dans certaines activités pose question. Il ne favorise pas l’émergence d’une concurrence saine et l’innovation technologique. On peut aussi supposer que les GAFA soient un élément d’instabilité financière. En effet, elles ont un poids capitalistique important dans la composition des indices américains, le S&P 500, Nasdaq 100 et Nasdaq Composite. Si les GAFA baissent, elles entraînent tout le marché.

Si la réglementation antitrust devait avoir lieu, n’en doutons pas que ce sera très négatif pour l’évolution du prix de l’action Apple à court terme. Néanmoins, à long terme, la marque à la pomme dispose d’énormes moyens financiers et le savoir-faire pour s’adapter à cette possible scénario futur. Il n’y aurait pas de peine de voir une chute de l’action Apple pour l’acheter à un prix raisonnable.

Les relais de croissance sont là pour entrevoir des prévisions de croissance dans les années futures. Premièrement, il y a la 5G qui va lui permettre de proposer de meilleurs produits et services. Deuxièmement, son projet de voiture électrique, Apple Car est prometteur du fait que le marché disponible total est énorme. De plus, les décideurs politiques sont déterminés à avoir des modes de transport moins polluantes. Troisièmement, la Chine reste un vivier à exploiter à l’international malgré la concurrence locale.

Enfin, Apple peut compter sur les services, une activité qui a de fortes chances de prendre une part importante dans son chiffre d’affaires. Dans le domaine du streaming, la firme de Cupertino a un temps retard sur Netflix, AT&T et Disney Plus qui a pris de l’envergure en incluant Star dans le catalogue de son contenu. Il ne serait pas surprenant de voir Apple procéder à une acquisition externe. ViacomCbs est souvent cité parmi les candidats opéables.

Apple, une valeur de belle qualité avec quelques points d’interrogation à court terme

ll est facile de trancher pour un avis positif sur l’action Apple à l’égard de ses fondamentaux intrinsèques. Elle mérite d’être dans un portefeuille zen et rentable même si le risque de réglementation antitrust peut constituer un obstacle violent à court terme. Apple n’est pas une valeur faite pour du trading. Si vous êtes réellement intéressé par l’entreprise américaine, il est plus question d’investissement de long terme que de trader sur quelques semaines ou mois.

Investir sur l’action Apple, c’est aussi s’assurer un dividende solide à long terme avec une forte probabilité de le voir augmenter dans les années à venir. Les relais de croissance sont immenses pour la marque à la pomme. On peut compter sur la qualité des dirigeants de l’entreprise pour créer de la valeur ajoutée tant qu niveau business que financier.

En relation avec sa valorisation élevée, Warren Buffett a vendu une bonne partie de ses titres sur Apple au cours du quatrième trimestre 2020. Le fait de réduire sa première position de son portefeuille peut constituer une alerte à la vente. Cependant, cette nouvelle ne doit pas être prise pour argent comptant en raison de son antériorité. Apple reste sa première position de son portefeuille à hauteur de 43 %. Entre les lignes, Warren Buffett reste optimiste sur la marque à la pomme. Prendre des bénéfices pour réallouer sur d’autres valeurs américaines comme Chevron et Verizon n’a rien d’anormal.

À la question faut-il acheter des actions Apple en Bourse, les voyants sont au vert mais la cherté de son cours de Bourse incite à être à la fois à la prudence et la patience. Ce serait bête d’acheter trop haut et attendre un certain temps pour retrouver votre mise initiale.

 

Quel courtier en ligne pour investir sur l’action Apple

Il existe une mirabelle de courtiers en ligne. Encore faut-il faire le bon choix ? Si vous désirez investir en Bourse avec sérénité, privilégiez un courtier en ligne qui est régulé et réglementé par les autorités des marchés financiers. La majorité des courtiers en ligne proposent des actions américaines avec des tarifs de plus en plus attractifs. Acheter l’action Apple est très prisé par de nombreux investisseurs du monde entier, car c’est avant tout un investissement de fond de portefeuille.

S’il y a un critère à prendre compte dans votre choix en dehors des tarifs, veillez à ce que le courtier en ligne possède un service clients de qualité et joignable par téléphone de préférence. Pourquoi ? Parce que c’est le point majeur de la satisfaction client.

N’hésitez pas à faire un comparatif qui vous aidera à faire le meilleur choix possible.

 

Questions fréquentes sur l’action Apple

Quel est le profil de risque de l'action Apple ?

La qualité de ses fondamentaux intrinsèques fait que Apple est une action de fond de portefeuille pour les investisseurs. Il est actuellement le seul membre des GAFA qui verse un dividende. L'action Apple convient pour un profil de risque conservateur et un horizon d'investissement de long terme.

Quelle est le meilleur courtier en ligne pour acheter l'action Apple à moindre coût ?

Les frais de courtage ont un rôle important dans la performance d'un investissement. Si vous souhaitez trouver des courtiers ligne low cost pour acheter l'action Apple, il y a eToro et Degiro. Le montant minimum pour l'ouverture d'un compte n'est pas très élevé.

Quels sont les relais de croissance d'Apple ?

La marque à la pomme dispose a su compenser sa dépendance à l'iPhone en proposant d'autres gammes de produits et des services (App Store, streaming musical et vidéo) dont la part de son chiffre d'affaires risque de croître dans les années à venir. Elle profiterait de l'émergence de la 5G et de la voiture électrique avec son projet Apple Car.

L'action Apple est-elle chère ou bon marché ?

Selon les données de Morningstar, l'action Apple se paie plus de 32 fois les bénéfices 2021 et 2,7 fois la croissance de ses bénéfices. Elle est coté à hauteur de 24 % au-dessus de sa fair value ou valeur intrinsèque future. En conclusion, l'action Apple est chère.